Une bonne gestion des ressources humaines, gage de pérennité

Les institutions de microfinance (Imf) font face en Afrique à des problèmes de compétences appropriées à leur niveau de développement obtenu ces dernières années. Les gestionnaires de réseaux d’Imf de 19 pays d’Afrique francophone ont été réunis à Dakar pour une formation sur la gestion des ressources humaines considérées comme « un atout pour relever le défi de la croissance ».

Cette rencontre intervient dans le cadre du projet Transfert et accompagnement national pour le développement d’une expertise en microfinance (TANDEM), initié après le constat qu’il faut des compétences à la mesure de la croissance des institutions de microfinance (Imf) africaine. Il est mis en œuvre par Développement international Desjardins (Did-Sénégal), représentant dans la sous-région du groupe financier canadien Desjardins, appuyé par l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et l’Agence de coopération du Canada (Acdi). Il était temps car seulement 1/3 des réseaux d’institutions de microfinance conviés à la formation ont des services de Ressources Humaines, a confié Paule Drouin, directrice DID-Sénégal et TANDEM. Les autres doivent développer les services de gestion de compétences, a-t-elle ajouté. Pour ces Ifm qui en sont au stade de maturation avec une dizaine d’années d’expérience, l’enjeu est vital : être viable et exister durablement. « La pérennité des Imf commence par une bonne politique de gestion des ressources humaines afin d’attirer, de développer, de former (...) et de professionnaliser le secteur », a indiqué Adjara Diouf, responsable de projet à la direction du développement durable et de la solidarité de l’Oif. Elle ajoute qu’il faudra en outre aux Imf devoir bien gérer les ressources humaines en vue de les retenir face à la concurrence sur le marché de l’emploi que ne manqueraient de leur livrer les institutions bancaires classiques.

En réalité, les institutions de microfinance en sont conscientes et exprimées elles-mêmes le besoin de renforcement de leurs capacités en gestion des ressources humaines. Leurs besoins en la matière sont en cours de satisfaction grâce à un concours de circonstances dont les protagonistes sont notamment Développement international Desjardins et la Direction du développement durable et de la solidarité de l’Oif. Les deux structures sont partenaire dans le projet Tandem. Cela permet ainsi à Did de partager en Afrique son savoir-faire capitalisé en matière d’institution de micro-finance depuis une trentaine d’années. Did-Sénégal a déjà participé à l’émergence d’Imf comme le réseau Pamecas. Pour l’Oif, c’est une occasion de renforcer ses actions en microfinance conformément au souhait des chefs d’Etat exprimé lors du sommet de Ouagadougou en novembre 2004. L’organisation francophone s’est appuyée sur les enseignements d’une étude sur l’état des lieux de la microfinance dans la zone Uemoa effectuée en novembre 2007. Elle a aussi mis à profit les expériences tirées de la mise en œuvre en collaboration avec Did du programme d’appui à la mobilisation de l’épargne francophone (Pamef) de 1994 à 2004 dans l’espace Uemoa, ainsi que la mise en place du centre d’innovation financière (Cif) à partir de 1998, regroupant 6 réseaux Imf de 5 pays d’Afrique de l’Ouest (dont le Sénégal). Le Cif est devenu depuis 2007 Confédération des institutions financières basée à Ouagadougou. D’une durée de trois ans, le projet Tandem géré par Did-Sénégal offre aux Imf ou réseaux d’Imf des 19 pays concernés cinq services dont la gouvernance, la micro-assurance, le renforcement des compétences, les innovations technologiques, l’assistance technique et financière, à travers des séminaires et des stages. Le prochain séminaire pour les Imf est prévu en septembre prochain à Ouagadougou et portera sur la « gestion stratégique et analyse financière ».

M.L.BADJI